Bonne année !

2011 est une année dans laquelle je crois pour le changement. Un réveil collectif ? Pourquoi pas ?

Elle commence plutôt bien car voici ce que j’ai pu recevoir dans ma boite mail (avec quelques illustrations en plus, parce que ça fait pas de mal). C’est monsieur Philippe Derudder qui l’a écrit et vous trouverez le site de son association ici :

“Adresser mes vœux dans un “envoi en nombre” ne peut traduire ce qui m’unit à chacun. Nous avons chacun notre histoire, chacun notre route. Elles se sont rencontrées un jour au gré d’un courriel, d’une manifestation publique, d’un repas chez des amis communs… Nous nous sommes “reconnus” et cette reconnaissance dessine ce qui rend chaque relation unique. A défaut de pouvoir traduire cette unicité, je choisis de partager avec vous ce qui m’a le plus interpellé cette année, non par désir de me raconter mais parce que je pense que chacun pourra se reconnaitre justement sur son propre chemin et parce que j’ai bien l’impression que c’est emblématique du défi que l’humanité a à relever en ce XXIème siècle.

En cette année 2010, j’ai été volé 3 fois. Une fois mes documents de stage que j’avais laissés dans ma voiture, pensant qu’ils n’attireraient la convoitise de personne, une fois l’été dernier à notre domicile, et une fois encore, dans la voiture, sur l’autoroute. Qu’ai-je ressenti ? Un sentiment mitigé:

– D’une part de l’insécurité qui réveille des peurs endormies et pousse à me protéger;

– D’autre part la certitude que j’ai quelque chose à apprendre la dedans, car je ne crois pas au hasard;

– Enfin de la compassion, car dans ce monde de plus en plus élitiste, il va sans dire que la délinquance devient l’une des réponses possibles.

Entendons-nous, je ne dis pas que le “malfra” n’a pas de responsabilité : tout être humain a d’autres options que le vol ou la violence. Mais dans un système qui condamne à la pauvreté la moitié de l’humanité, pour lequel la marginalisation et l’exclusion sont devenues des outils d’ajustement économique au point de ne plus les considérer comme un pis-aller mais la marque d’une inadaptabilité coupable et coûteuse qu’il faut réprimer, l’illégal devient une composante même du système et un des moyens alternatifs de redistribution de la richesse. Comment d’ailleurs pourrait-on en vouloir au voleur à la tire quand notre actualité pousse l’impudence jusqu’à admettre comme normal et nécessaire de faire payer par les peuples les ravages causés par l’escroquerie de la haute finance ?


Mais ce qui m’a le plus interpellé, c’est la peur dont j’ai pu constater combien elle m’a porté sur le coup à juger et à vouloir protéger “mes intérêts”. Le lien de ma situation d’alors avec l’actualité mondiale m’est apparue évidente. Pour la plupart, nous vivons notre quotidien, de multiples épées de Damoclès suspendues au dessus de notre tête: précarité d’emploi (pour ceux qui en ont un) précarité ou insuffisance de revenus, difficulté de logement, le tout dans un environnement de plus en plus pollué, promis à grave pénurie de ressources essentielles, menacé par le terrorisme international… Comment ne pas avoir peur ? Nous l’appelons stress, ça fait plus moderne, mais les conséquences sont les mêmes :
quand on se sent menacé, insécurisé, n’est-on pas porté au repli sur soi, à adopter une attitude frileuse, méfiante, que l’autre peut ressentir comme un jugement, une mise en cause, un rejet, bref une menace qui va l’insécuriser à son tour. La peur engendre la peur, l’égoïsme engendre l’égoïsme et on se retrouve un beau jour (est-il si beau que cela) au cœur d’une guerre ou muselé dans un régime totalitaire sans comprendre comment on a pu en arriver là. Ne voyez vous pas combien chaque année apporte une nouvelle perte de libertés individuelles, d’atteintes aux droits de l’homme au nom de la sécurité? Ne voyez vous pas combien la peur est manipulée pour que les peuples acceptent, voire réclament ce qui les auraient poussés dans la rue dans un climat serein? Portés le plus souvent à ne considérer que le symptôme sans chercher à comprendre la cause profonde, nous sommes amenés à nous sentir victime de situations auxquelles nous avons contribué par notre attitude face à la vie. Une chose me semble certaine: Là où il y a peur, il n’y a pas d’amour. Et selon ma perception, le défi de notre époque tient à devenir capables de
transmuter nos peurs en amour. Facile à dire mais plus difficile à faire. Mes quelques aventures récentes me l’ont rappelé.

Comment faire ? Promis, je vous le dirai quand j’y serai parvenu! Mais en attendant je suis deux pistes plus que prometteuses :

1 – Prendre conscience de l’énergie sous-jacente à mes actes; je découvre alors que le plus souvent une partie se trouve ancrée dans quelque chose que je veux éviter… par peur de … quand une autre partie n’a pour but que d’exprimer “le meilleur” pour le plus grand bien de tous… Ambivalence de la condition humaine, mais, dés lors que je deviens conscient de la part qui se nourrit de la peur, je me donne la possibilité de la considérer, de l’accepter, de la relativiser, de la dissoudre. Et même si je n’y parviens pas, je gagne au moins le fait de ne plus me sentir victime et de ne plus projeter sur l’autre ma propre responsabilité. Ça change les choses, croyez-moi !

2 – Cultiver l’émerveillement de l’ordinaire. Autrement dit me libérer de ce que j’appelle le “syndrome de la chiure de mouche”; vous savez ce beau paysage que vous ne voyez plus derrière la vitre parce qu’une chiure de mouche la salit et accapare toute votre attention. La vie au quotidien et cette planète avec tout ce qu’elle offre à notre regard tous les jours mais que nous ne voyons plus à force d’habitude…. Il suffit de leur redonner de l’importance, de la valeur, les fêter tous les jours… Alors grandissent la confiance, la paix et la joie. Cela ne demande aucun effort, juste un peu d’attention, assez pour briser la coquille de l’habitude qui empêche de voir le beau et l’exceptionnel de chaque instant.

Alors voilà, je vous souhaite pour cette nouvelle année de pouvoir développer en vous cette capacité alchimique capable de transformer vos peurs en confiance et en amour, capable de prendre le risque de l’émerveillement, capable en fin de compte d’ensoleiller votre vie et le monde.

Alors Bonne année!

Amicalement,

Philippe”

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