Internet 3.0 – une analyse économique et sociale

Internet repose sur un principe de partage et de diffusion de l’information, c’est cet élan qui a permis d’en faire ce qu’il est devenu aujourd’hui.

Dans sa conception technologique initiale, il s’agissait d’utiliser le potentiel informatif et informatique de chaque élément qui composait le réseau. Le principe de fonctionnement et sa capacité à grandir s’appuyait donc sur la collaboration.

Plus concrètement, pendant les années 80, votre site web et vos mails étaient hébergés sur votre ordinateur. La démocratisation du net est passée par la simplification de cette mise à disposition de l’information. Ce sont les éditeurs de logiciel et surtout les opérateurs qui ont élaboré des solutions répondant à cette problématique de simplicité.

A cet instant de l’histoire, deux orientations opposées se sont distinguées :

– Une périphérie de réseau active et hébergeuse de contenus dans laquelle l’interconnexion fonctionne de poste à poste (Communément appelé Peer to Peer),

– Une centralisation des données sur des serveurs vers lesquels l’information est déportée et depuis laquelle elle est consultée (Architecture client-serveur).

L’histoire des logiciels suit d’ailleurs la même logique. D’un côté, les logiciels libres (open sources), sont gratuits et développés à travers une collaboration d’informaticiens animé par la passion ou ayant besoin d’applications de pointe. Linux est devenu une référence en matière de fiabilité, d’évolution et de sécurité et la majorité des serveurs à haute criticité sont gérés par ce système d’exploitation.

D’un autre côté, on trouve des éditeurs à but commercial comme Microsoft et Apple. Grâce à ses contrats de partenariat avec les assembleurs de PC, Microsoft a su faire de Windows la référence des systèmes d’exploitation (Que vous pouvez officiellement vous faire rembourser). C’est d’ailleurs en proposant à IBM de fournir un système d’exploitation pour chacun de ses ordinateurs en contrepartie de royalties, que Bill Gates a fait fortune. L’ironie de l’histoire est que ce n’est pas Bill Gates qui avait créé le fameux MS-DOS. Il l’avait simplement racheté à une compagnie.

Concernant Internet, le choix a donc été porté sur la centralisation des données (YouTube, DailyMotion, Facebook, Myspace, Deezer, Google services…)

On pourra penser que ce type d’infrastructure offre une plus grande facilité de gestion et une meilleure réactivité. Aujourd’hui, c’est vrai ! Cette philosophie, enseignée dans les écoles et idéale pour la génération de profit (centralisé), est celle avec laquelle chaque nouveau service est pensé. L’évolution d’Internet se fait dans ce sens depuis bon nombre d’années. Ainsi, les améliorations technologiques d’Internet répondent à ces besoins et il est donc plus complexe de proposer des solutions alternatives.

Quelles sont les faiblesses de ce système ?

La fragilisation du réseau :

Tirant partie de points précis du réseau (Data Center), la fiabilité de l’accès est concentrée en un point. Sachez que l’essentiel de l’information numérique réside aux Etats-Unis, imaginez l’ensemble des fibres optiques qui nous relient au nouveau continent coupées.

De plus, les informations sont détenues par des entreprises, on voit mal ces géants de l’information sombrer dans la faillite, mais si cela arrivait ?

La répartition du profit

Lors du débat à l’assemblée sur la loi Hadopi ont été évoquées :

– La possibilité de taxer l’opérateur,

– Mise en place de Licence d’accès,

– Aujourd’hui on parle même de « la taxe Google ».

Vaguement évoquée également, la possibilité de taxer les diffuseurs de contenu en fonction de leur audience. L’argent ainsi récolté aurait été partiellement redistribué aux auteurs des contenus attractifs.

Les majors, à travers le Syndicat national de l’édition phonographique, ont su imposer leurs intérêts à l’assemblée nationale pour qu’Hadopi ne perturbe pas la bonne marche du système.

L’alternative légale fondée sur un système Peer-to-Peer aurait été de permettre aux auteurs de diffuser eux-mêmes leur contenu. Chaque diffuseur-auteur choisit les annonceurs qui rémunéreront son site, reçoit directement une rémunération et est libre de cesser rapidement la diffusion d’une œuvre. Ces infrastructures peu coûteuses et à complexité réduite n’ont jamais été mises en place ni même testées.

Le contrôle de l’information

Les bases de données du Net sont une source presque infinie d’information. Que ce soit pour une étude de marché, une surveillance ou des analyses comportementales. Elles sont avant tout regroupées.

Qu’il s’agisse d’un site activiste, contestataire ou pédophile, dés lors qu’il y a danger votre site est fermé par simple coupure du serveur.

Fermer un site hébergé et rendre inaccessible les données qu’il héberge peut se faire du jour au lendemain. Fermer un site collaboratif, où les données sont réparties sur l’ensemble du réseau, c’est beaucoup plus compliqué. La liberté d’expression est donc facile à mettre en péril. Si Internet était resté collaboratif, les gouvernements comme la Chine ou l’Iran n’auraient pas d’autre moyen que de couper les câbles pour « se protéger » de l’information.

Financièrement, on retrouve cette sélection. Pour pouvoir circuler sur internet, on ne vous demande rien. Pour circuler, on demande des contreparties à Daily Motion. Car universel, c’est un générateur de flux conséquent et les opérateurs ne veulent pas que leurs tuyaux soient utilisés gratuitement. Ils reçoivent donc des contributions.

Un modèle a part ?

Internet est une création de l’homme avec les mêmes acteurs dominants que ceux qui dominent le monde de l’information. Seulement, Internet est complexe et comme pour tous les médias, on ne peut pas imaginer les rouages de ce géant.

Cette complexité n’est pourtant pas une nécessité. Elle offre au propriétaire de réseau une certaine distance et une impunité certaine.

La force d’Internet c’est sa liberté et contrairement aux autres médias les révolutions y sont plus brutales et plus faciles.

Prochaine article à paraitre jeudi : Démocratie et médias : deux amis pour la vie !

En complément à cet article :

Si l’un ou l’une d’entre vous souhaiterai apporter sa contribution, un joli dessin, ça ferait bien ;).

http://eco.rue89.com/explicateur/2010/01/24/acta-pourquoi-internet-crie-au-grand-mechant-loup-135219 article sur une discussion lancé par l’UE en octobre 2007, l’ACTA.

http://www.fdn.fr/internet-libre-ou-minitel-2.html une des vidéos qui m’a donné envie de faire cet article. (Réservé à un public initié aux technologies réseaux mais bien vulgarisée).

http://dl.free.fr/getfile.pl?file=/ARmxfUoK enfin, une conférence qui sera une des illustrations du prochain article que je publierai (durée : 1h30)

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s